Vous avez dit racisme?

Ce que l’on appelle « l’affaire Trullemans » met au jour un problème  beaucoup plus général et plus profond.

En fait, qu’a-t-il fait, ce météorologue que je ne connaissais pas?

Il a tenu des propos musclés sur les Musulmans, en les invitant à quitter le pays s’ils ne veulent pas respecter nos valeurs.

Dit comme cela, il y a déjà un problème : pourquoi s’adresser aux seuls Musulmans?  Les autres communautés seraient-elles considérées comme respectant totalement nos valeurs? Ou alors, ont-elles le droit de ne pas les respecter?

Si on gratte un peu plus, si on lit l’ensemble de ce qu’il a écrit et les réactions positives à son message, cela ne va plus.

En quoi les Musulmans nous dérangent-ils?  C’est quoi un Musulman?  Sauf erreur, c’est simplement une personne qui pratique une religion…

Il y a des gens qui pratiquent une religion, ou qui affirment leur laïcité – Il y a des gens qui affirment des opinions politiques – Il y a des gens qui ont des positions en matière de nourriture, de manière de s’habiller ou que sais-je encore –

Parmi tous ces gens, une minorité veut  imposer sa manière de voir le monde, la vie, l’humanité… par tous les moyens, y compris la violence : des extrémiste, des intégristes.

De tout temps des attentats ont été perpétrés au nom d’idées : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attentats_meurtriers

Il existe aussi des gens qui n’ont pas réellement d’opinion, mais qui refusent ou sont simplement incapables de manifester le moindre respect pour le vivre ensemble.  Mais qui sont-ils?  Généralement, les plus démunis, les oubliés, ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu apprendre ce vivre ensemble.  Ceux qui ne voient aucune possibilité de réellement participer à ce vivre ensemble.

Parmi eux, beaucoup d’étrangers, et chez nous, de personnes d’origine maghrébine.

Avons-nous oublié comment ils sont arrivés chez nous?  Après la guerre, notre pays a eu besoin de main d’oeuvre : les Italiens sont les premiers à avoir été « importés »*, ensuite d’autres pays européens (Espagne, Grèce) mais également d’Algérie, du Maroc et de Turquie.  Nous avons choisi de faire venir chez nous des hommes afin qu’ils travaillent dans nos mines, en favorisant l’arrivée de leurs familles :

« L’histoire de l’immigration dans notre pays est intimement liée à l’exploitation intensive de nos charbonnages. Aussi commence-telle vraiment entre les deux guerres mondiales et surtout après 1945. C’est à partir de ce moment que l’on peut parler d’une véritable « politique d’immigration », celle que l’on a parfois appelée « la politique du robinet ». Elle consiste, lorsque la conjoncture économique demande un surcroît important de main-d’oeuvre, à ouvrir largement les frontières aux « flux migratoires » en incitant des populations étrangères à venir travailler dans notre pays par des promesses alléchantes, quitte à fermer ensuite le « robinet » pour réduire ou arrêter complètement l’immigration quand la conjoncture est devenue moins favorable« .(http://www.faml.be/index.php?option=com_k2&view=item&id=67:charbonnages-et-immigration-en-belgique&Itemid=100085)

L’intégration de ces étrangers n’a pas été facile : les Italiens, qui actuellement nous paraissent si proches, ont longtemps été l’objet de propos xénophobes.

Au début des années 70, la première crise pétrolière a mis fin au plein emploi.  Le chômage a commencé à frapper durement : les enfants de ceux qui sont venus travailler dans nos mines ont eu beaucoup de difficulté à se maintenir dans le monde actif.  Leurs petits enfants – jeunes adultes d’aujourd’hui – font partie de ces exclus.

Rien n’a été fait pour permettre une intégration harmonieuse de ces familles pauvres (sans quoi, pourquoi auraient-elles quitté leurs pays) qui sont arrivées chez nous avec une culture et des valeurs tellement différentes des nôtres.  Faut-il dès lors s’étonner qu’en période de crise – qui dure, qui dure… – ils se replient sur eux-mêmes?

Dans mon quartier – où se côtoient plusieurs nationalités – il y a quelques années, une famille « d’étrangers » a été remplacée par une famille de Belges, mais de ceux que l’on appelle de manière péjorative des « barakis » (Le baraki est << d’après le stéréotype >>, toujours habillé en training, et passe son temps à crier sur ses enfants ) http://fr.wiktionary.org/wiki/baraki

Et là, les voisins ont vraiment eu à se plaindre d' »incivilités »…

ARRETONS DE STIGMATISER « LES AUTRES », CEUX QUI NE SONT PAS « COMME NOUS », ET CHERCHONS COMMENT VIVRE ENSEMBLE ET PROTEGER NOS VALEURS

D’ailleurs, nous, les « vrais » Belges, avons-nous conscience de ce que sont nos valeurs fondamentales? Et dans l’affirmative, les respectons-nous tant que cela et que faisons-nous pour les promouvoir?

Il y a tant et tant de choses à dire : l’intégration par l’école – l’intégration par les relations entre les femmes-mères…. nous n’y avons pas pensé à l’époque – est-il encore temps?

*J’utilise ce terme à dessein – il est intéressant de visiter le Bois du Cazier http://www.leboisducazier.be/lg_fr/musees_8aout56.htm, à Marcinelle, et en particulier ce qui concerne ces Italiens venus travailler dans nos charbonnages, qui ont payé un lourd tribu lors de la catastrophe de 1956 – j’étais petite, je m’en souviens

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